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07/01/2026

MONIER BMI : La dernière usine de tuiles de Marseille va fermer mais veut laisser un héritage

Alors que la dernière usine de tuiles de Marseille fermera ses portes dans quelques mois, s’ouvre la question de la mémoire des ouvriers de l’une des industries les plus prospères de la ville au XXe siècle.

Dans le quartier Saint-André (16e), 52 salariés font encore tourner l’usine Monier, la dernière tuilerie de Marseille encore en activité, construite en 1965 en lieu et place du château de Foresta. La plupart des ouvriers, riches de décennies d’expérience, ont connu les dernières années fastes des tuileries marseillaises.

Au début du XXe siècle, les tuileries installées sur le gisement d’argile du bassin de Séon, entre l’Estaque, Saint-Henri et Saint-André, embauchaient 6 000 ouvriers. « C’était le cœur battant industriel de Marseille », rappelle Samia Chabani, sociologue et coordinatrice de l’association Ancrages, centre de ressources des cultures et mémoires d’Exils de Marseille.

Plus discrètes que les savonneries, les tuileries exportaient 35 millions de tuiles dans 40 pays dont le Portugal, l’Espagne, l’Algérie, la Turquie, le Brésil ou le Mexique. « Elles ont recruté beaucoup de main d’œuvre immigrée, principalement des Italiens, des Espagnols et des Kabyles d’Algérie », retrace l’experte.

L’arrivée des voies de chemin de fer, notamment la ligne Paris-Lyon-Marseille, pour transporter les marchandises et le charbon, puis l’embarcation des paquebots sur le port pour les exportations, constituaient les prémices de la mondialisation à cette époque.

Plan des tuileries dans le bassin de Séon en 1907 

L’épuisement des ressources

Depuis cet âge d’or, seule la tuilerie Monier persiste encore aujourd’hui. Le retournement de la conjoncture économique dans les années 80, l’effondrement du marché du bâtiment et la concurrence des tuiles en béton, ont mis à mal cette industrie marseillaise florissante.

Les carrières d’argiles du bassin de Séon se sont aussi épuisées après plus d’un siècle d’extraction massive. Si bien que Monier est contrainte de s’approvisionner depuis plusieurs années à Puyloubier, au pied de la Sainte-Victoire, et dans le nord de l’Espagne.

Face à des défis constants de compétitivité, en baisse, liés au transport de la matière première et au coût de l’énergie, le groupe mondial de la toiture BMI Monier, propriétaire du site depuis 2007, a annoncé en septembre dernier, la fermeture définitive du site marseillais de 60 000 m2 en juin 2026.

« J’ai vu des gens pleurer »

« On est arrivés tout bronzés des vacances, pour qu’ils nous annoncent de but en blanc qu’on n’aura plus de travail dans neuf mois », se désole Pekou, salarié depuis 25 ans. « Ils nous l’ont dit que maintenant, alors qu’ils le savaient depuis des mois. Ils n’avaient plus investi depuis longtemps à Marseille alors qu’ils ont injecté des millions sur le site de Limoux », rage Hafnaoui Guémari, salarié CGT depuis 33 ans.

Ce dernier témoigne avoir « vu des gens pleurer » à l’annonce de cette fermeture. Autant pour l’inquiétude de ne pas retrouver un emploi à l’approche de la retraite, que sur ce pan de patrimoine qui part en fumée. Contactés, les gérants de l’usine n’ont pas répondu à nos sollicitations.

Et même si ses deux collègues comprennent les raisons de la cession d’activité, ils regrettent l’arrêt de la transmission du savoir-faire, et ce, depuis plusieurs années. « Les nouvelles recrues étaient peu formées. Il fallait aller vite donc on ne leur a pas transmis nos compétences… qui vont se perdre », souffle l’oncle de Kamel Guémari, militant marseillais fondateur du restaurant solidaire l’Après M.

Anecdote

C’est la maîtresse des lieux – dite la « Mère » – qui donnait le gabarit du moule en roulant la galette d’argile sur le haut de sa cuisse. Les ouvriers marquaient ensuite chaque tuile d’un petit sceau, comme l’abeille chez Monier.

Comment conserver la mémoire des tuileries ?

Alors que la fermeture de l’usine est programmée en juin 2026, l’avenir du site est sur la table. Hafnaoui Guémari tient à « ce que la tuilerie devienne un lieu de commémoration » au nom des générations qui, avant lui, ont couvert toute la région.

Son collègue Pekou craint, pour sa part, que le site ne devienne la proie de « promoteurs » pour « y construire des logements sociaux ». L’association Ancrages milite de son côté pour la création d’un « éco-musée » afin de transmettre cette mémoire aux plus jeunes.

À Aix-en-Provence, l’ancienne tuilerie du Camp des Milles a été transformée il y a 11 ans en mémorial de la Shoah alors que plus de 2 000 juifs y ont été internés en 1942. Interrogée, la Ville de Marseille « refuse que ce site (…) disparaisse sans débat. Elle restera pleinement mobilisée sur l’avenir du site de l’usine Monier et attentive aux propositions portées par les salariés et habitants pour préserver la mémoire de ce lieu ».

Source MadeInMarseille par Margot Geay

17/12/2025

Marseille: Le four de la tuilerie Monier à Marseille s'éteindra dans six mois

Le groupe BMI, propriétaire de la plus ancienne usine de tuiles de la cité phocéenne, va recentrer sa production dans l'Aude.

La déconfiture de l'industrie de la tuilerie à Marseille s'est accélérée au milieu des années 1990.

C'en sera bientôt fini des tuileries à Marseille. Monier, la dernière usine qui résistait encore au démantèlement de l'activité dans la cité phocéenne, fermera définitivement ses portes en juin 2026. Sa maison mère, le groupe BMI, principal fabricant européen de solutions de couvertures et d'étanchéité pour les toitures, a fait le choix de transférer la production à Limoux, dans l'Aude, où il a investi plusieurs millions d'euros dans une usine automatisée. 

« La tuile de Marseille coûte deux fois plus cher à produire que là-bas », reconnaissait mi-novembre le délégué CGT du site, Farid Samba, après avoir arraché au groupe des indemnités supralégales, des reclassements internes et un budget de formation pour les 52 salariés de l'usine.

La déconfiture de cette industrie qui a vu naître une soixantaine de fabriques et plusieurs milliers d'emplois au plus fort de son âge d'or, s'est accélérée au milieu des années 1990. A cette époque, des dommages de structure sont apparus dans le centre commercial construit sur la colline d'argile alimentant les chaînes de production. Le couperet tombe.

Source les Echos par Par Paul Molga

21/11/2025

La Tuilerie de Limoux entre hier et aujourd’hui, une grande renaissance !

Symbole de vitalité économique au XXe siècle, la briqueterie s’est muée en un pôle culturel de grande importance. Si une grande page industrielle s’est tournée voilà quelques décennies, c’est désormais une nouvelle ère, résolument tournée vers la culture, qui s’ouvre en ce lieu emblématique.

Longtemps, dans le prolongement du quartier Saint-Antoine, l’immense carcasse de brique s’était assoupie, vestige du formidable essor économique que connut le pays au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

Fondée en 1919 route de Pieusse par Segondino Fiorio, la Tuilerie du Languedoc, profitant d’une argile de première qualité, allait rapidement dominer le secteur de la construction sur le territoire et bien au-delà.

Une marque de fabrique

Partout en France, les tuiles limouxines et les demeures estampillées "Fiorio" vinrent coiffer toitures et maisons durant la seconde moitié du XXe siècle. Durant les trente glorieuses (1945-1975), l’entreprise comptabilisait jusqu’à quatre cents employés, travaillant jour et nuit dans la poussière et le vacarme des chaînes de production. Ainsi de nombreux habitants du quartier Saint-Antoine étaient eux-mêmes des employés de la Tuilerie.

Vers la fin du siècle dernier, l’entreprise familiale passa sous le contrôle de grands groupes tel Coverland puis Redland avant que le site historique ne ferme en 2007. Malgré tout, une nouvelle usine correspondant au cahier des charges imposé par le marché et la mondialisation vit alors le jour sous l’enseigne Monier à quelques kilomètres de là.

Ce déménagement mit fin à une époque : celle des ouvriers en bleu de travail pédalant chaque matin vers l’usine, et du ballet incessant des camions chargés de tuiles. La grande Tuilerie s’était tue, telle une bête mécanique désormais inerte.

Trente mois de travaux pour une renaissance

En installant de premiers locaux, la Communauté de communes du Limouxin sortit, il y a quelques années, le site de sa léthargie.

Qui plus est, elle lança un ambitieux projet de reconversion. Trente mois de travaux furent nécessaires pour donner naissance à un complexe culturel d’envergure, conçu par l’architecte Jacques Ferrier. Celui-ci a désiré conjuguer modernité et mémoire : façades ocre rappelant l’argile, toiture inspirée de l’ancienne tuilerie et utilisation des fameuses tuiles limouxines, autant de clins d’œil à l’histoire du lieu.

Une nouvelle dimension pour le territoire

Abritant désormais l’école de musique, le siège de la Communauté de communes et une vaste salle événementielle, le site se veut un atout majeur pour le territoire. Le congrès des maires du département, organisé ce jour, en constitue la première manifestation officielle. D’autres suivront rapidement : le rassemblement Pyrénéo, une compétition de MMA, le Trophée des sports… Et dès le début de l’année, l’école de musique prendra ses quartiers dans ses nouveaux locaux.

Avec "La Tuilerie", c’est une nouvelle page de l’histoire limouxine qui s’écrit, celle d’un lieu désormais dédié à la culture sous toutes ses formes.

Source La Dépêche du Midi

07/07/2025

Monier lance le TOP+ le 08 juillet

Monier a hâte de vous faire découvrir TOP+, son nouveau programme de fidélité imaginé spécialement pour les artisans-couvreurs.

  • Des récompenses à la hauteur de leur engagement
  • Et toujours plus de proximité avec eux.
  • Rendez-vous le 08 juillet pour le grand dévoilement.

On ne vous en dit pas plus… mais vous allez adorer ce que Monier réserve pour les artisans-couvreurs ! 

Source LinkedIn

24/04/2024

Le tuilier Monier affirme son enracinement dans les Ardennes malgré les crises

Éprouvée par l’envolée des prix de l’énergie puis par la chute de la construction, la filiale du groupe américain BMI s’est restructurée et a investi pour assurer sa pérennité sur le site de Signy-l’Abbaye.

"Nous voulons garder le site", déclare Olivier Hazard, directeur depuis deux ans, de la tuilerie Monier de Signy-l’Abbaye. Le message n’est pas anodin tant l’usine lancée en 2008 par Lafarge, puis entrée dans le giron du groupe américain BMI en 2017, est éprouvée par les crises. Il y eut d’abord l’envolée des prix de l’énergie amorcée en 2022 au déclenchement de la guerre en Ukraine. Dotée du plus long four d’Europe (200 mètres de long), qui a pour mission de cuire les tuiles à 1 115 degrés, Signy a une facture énergétique qui représente 30 % de ses coûts de production. « Nous avons dû ralentir notre production», ne cache pas M. Hazard. L’entreprise a dû aussi répercuter l’inflation sur ses prix de vente qui ont augmenté de 40 %.

Par ailleurs, la tuilerie, qui fournit le nord est de la France et le Benelux, est confrontée, depuis l’an passé, à la chute de l’activité construction qui se traduit par une baisse de 35 % de la demande de tuiles. Le groupe a dû arrêter l’usine entre fin novembre et fin décembre. La production était de 18 millions de tuiles en 2023 contre 19,5 millions en 2022. Elle devrait être moindre cette année. "Notre démarche d’amélioration continue nous permet d’être confiants en l’avenir" Directeur de l’usine de Signy-l’Abbaye

Il y a des conséquences sociales à ces ralentissements. L’entreprise, qui affichait, il y a quelque temps, un effectif de 130 personnes, s’est séparée de son gros volant d’intérimaires pour rester sur son socle de 87 salariés en CDI. Le site de Signy a obtenu le feu vert de l’État pour avoir recours à l’activité partielle de longue durée (APLD), qu’elle a utilisé pendant dix jours en janvier dernier. Soucieuse de « conserver ses compétences », l’entreprise a profité du ralentissement pour lancer des formations, améliorer sa qualité et sa productivité.

Olivier Hazard, qui a œuvré dans le passé dans l’automobile, en a importé certaines méthodologies dont le « travail standardisé ». « Nous avons travaillé en groupe avec les opérateurs et les techniciens afin d’identifier les meilleures pratiques, les meilleurs gestes et postures, afin de les partager dans des plans d’action », fait savoir le dirigeant. Monier a mis en place des outils de « vérification du respect des standards » afin de faciliter la vie du personnel et l’amélioration de la qualité. Les rebuts ont ainsi baissé de 5 points. «Notre démarche d’amélioration continue nous permet d’être confiants en l’avenir », indique le dirigeant. Il précise que Monier a investi récemment 2 millions d’euros notamment dans un système de récupération de chaleur, qui a réduit de 8 % la consommation de son four. L’entreprise a travaillé aussi sur la sécurité et prévention des risques. « Nous avons passé 735 jours sans accident avec arrêt, c’est une grande fierté pour nous», indique Olivier Hazard. Pour marquer le coup, la tuilerie ardennaise a planté un arbre comme il est de tradition au sein de BMI. Les Ardennais ont choisi un chêne pour être en accord avec leur terroir. C’est aussi un vœu de longévité pour une entreprise qui aura encore besoin à court terme de s’adapter aux difficultés du marché en attendant un retour de la demande, espéré pour la mi-2025.

Source L'Union