"Le béton est le matériau de construction le plus utilisé au monde, et sa production est responsable de près de 8 % des émissions mondiales de CO2", constate dans un communiqué universitaire Nima Rahbar, directeur du département de génie civil, environnemental et architectural du Worcester Polytechnic Institute (WPI), aux États-Unis.
Pour limiter l'impact environnemental, le secteur de la construction cherche à réduire l'empreinte carbone des matériaux de fabrication. En décembre dernier, des chercheurs britanniques mettaient en évidence les avantages d'utiliser des déchets de coquillages dans la composition du béton pour réduire son empreinte carbone.
Des chercheurs américains estiment être allés plus loin et avoir pu créer un matériau de construction, "robuste, économique et à bilan carbone négatif". Baptisé "enzymatic structural material (ESM)" pour "matériau de structure enzymatique (MSE)", ce dernier est présenté dans une étude publiée dans la revue Matter. Selon les auteurs, ce matériau pourrait être capable d'absorber du dioxyde de carbone lors de sa fabrication.
Le matériau de structure enzymatique pourrait réduire l'empreinte carbone dans le secteur de la construction
Dans le communiqué, les chercheurs expliquent s'être basés sur une enzyme de carbonate de calcium (CaCO3) capable de transformer du dioxyde de carbone en particules minérales solides. Comme l'expliquent les chercheurs, "Ces particules sont ensuite agglomérées et durcies dans des conditions douces, ce qui permet de façonner le matériau en éléments structuraux en quelques heures seulement".
C'est notamment la basse température utilisée pour la conception de l'ESM qui permet de réduire l'empreinte carbone liée à sa fabrication. En effet, "contrairement au béton conventionnel, qui nécessite des températures élevées et des temps de durcissement prolongés, l'ESM peut être produit rapidement tout en réduisant considérablement l'impact environnemental", détaillent les chercheurs.
Un matériau prometteur qui doit encore être testé
Dans le communiqué, Nima Rahbar estime que la production d'un seul mètre cube de ce nouveau matériau sera capable de stocker plus de 6 kilogrammes de CO2, contre 330 kilogrammes émis par le béton tel qu'il est fabriqué aujourd'hui. "Notre équipe a mis au point une alternative pratique et évolutive qui ne se contente pas de réduire les émissions, mais qui capture réellement le carbone", se félicite le chercheur.
Les chercheurs mettent en avant la réparabilité du produit, qui pourrait "réduire les coûts de construction à long terme et diminuer considérablement le volume de matériaux envoyés en décharge chaque année".
Bien que prometteurs, de futurs tests doivent être effectués pour valider la conformité de ce nouveau matériau dans la construction. Selon les chercheurs, si ces tests sont concluants, l'ESM pourrait être utilisé pour les terrasses, les toitures ou encore les panneaux muraux.
