Les trimestres se suivent et se ressemblent pour les matériaux de construction. Si de timides éclaircies apparaissent sporadiquement, l’ensemble du tableau reste malgré tout obscur.
En dépit d’une évolution positive ces derniers trimestres, l’évolution de l’indicateur sur neuf mois reste négatif (-1,3 %), et l’activité demeure 16 % en dessous du niveau de l’année 2021.
En 2025 comme en 2024, les productions de granulats et de béton prêt à l’emploi (BPE) ont atteint des points bas historiques. Selon l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem), « on n’a jamais aussi peu produit que cette année ! »
Néanmoins, l’analyse conjoncturelle confirme un atterrissage à fin octobre, avec une activité BPE « ne reculant plus » que de 3,9 %, tandis que celle des granulats s’est stabilisée. D’ailleurs, en granulats comme en BPE, les productions des trois derniers mois augmentent (de +1 à +2 %) par rapport au trimestre précédent, mais restent en dessous de celles d’il y a un an.
Pour l’ensemble de l’année 2025, les granulats enregistreraient un repli de leur production de -1,5 %, avec des volumes avoisinant les 300M de tonnes, niveau plus bas jamais atteint depuis plus de 40 ans. Quant aux livraisons de BPE, après avoir plongé de -11 % en 2024, elles reculeraient encore de 4 % en 2025, pour atteindre 32M de m3. Au total, sur les quatre dernières années, la chute d’activité en volume ressort à -21 % pour le BPE et -15 % pour les granulats.
Ralentissement des travaux publics
La liste des facteurs de crispations ne cesse de s’allonger, expliquant cette morosité : « le contexte économique, difficile et erratique, n’est pas de nature à rassurer, développe Alain Plantier, président de l’Unicem. La baisse des taux d’intérêts s’est stoppée en mars, ralentissant du même coup la demande de prêts. Le redressement du marché immobilier est poussif et inégal, et l’investissement locatif ne s’est jamais aussi mal porté depuis la disparition du Pinel et la sempiternelle attente d’un statut du bailleur privé qui ne vient pas. Les Français disent ressentir un stress économique et sont, de ce fait,rétifs à investir dans la pierre. »
Les collectivités marquent également le pas dans leurs investissements. L’Unicem relève que, du côté des travaux publics (TP), l’année 2025 aurait dû être marquée par une accélération des chantiers à un an des échéances électorales. Il n’en a rien été, les inquiétudes budgétaires et politiques (gouvernements destitués, incertitudes sur le budget incitant à prévoir des économies...) ayant pesé négativement dans l’arbitrage des derniers projets. Une situation qui pénalise directement l’activité des granulats.
Comme le relève l’Unicem, « en dépit d’une légère amélioration au premier semestre 2025, sa production n’aura affiché aucune hausse sur toute la durée du cycle municipal qui touche à sa fin ».
Pour 2026, l’Unicem indique que les volumes de BPE produits pourraient a minima se stabiliser, voire légèrement progresser (jusqu’à 2%), les besoins en béton de la part des TP étant appelés à se modérer. L’activité de ces derniers devrait se contracter d’environ 3 % en volume en 2026, selon les prévisions de la FNTP. Ce qui aura un impact sur les granulats, dont un repli de 0 à 2 % est redouté sur douze mois.
