Delphine Santerre codirige Gwilen avec son frère Yann Santerre
Gwilen fait partie de ces start-up industrielles qui inscrivent leur développement dans la recherche de solutions respectueuses de l’environnement. Depuis 2020, cette jeune pousse finistérienne basée à Plouzané, travaille à la transformation de sédiments marins en matériaux pour la décoration intérieure. Face au succès de ses carrelages colorés, elle accélère leur commercialisation.
Une présence accrue en magasins de matériaux
"Jusqu’à cet été, nous vendions uniquement en direct auprès d’architectes d’intérieur ou d’architectes pour des projets de décoration, explique Delphine Santerre, qui dirige Gwilen avec son frère Yann Santerre. Depuis septembre 2025, nos produits sont également vendus dans des magasins de matériaux dans l’Ouest. Nous travaillons avec un réseau de commerciaux dans le but d’accélérer notre présence en magasins sur toute la France.
Gwilen a levé 500 000 euros en capital en avril pour passer ce nouveau cap. Cet apport d’argent frais lui a permis d’industrialiser son process afin de suivre la demande qui doit émaner de la vente en magasin. "Nous avons terminé l’année 2025 à 300 000 euros de chiffre d’affaires et avons pour objectif de doubler chaque année maintenant, indique la dirigeante. Nous espérons atteindre la rentabilité l’année prochaine sur la partie carrelage.
Un matériau bas carbone
Gwilen a en effet mis au point un procédé innovant de transformation des sédiments issus du dragage portuaire. Inspiré de la diagenèse (processus naturel par lequel les dépôts de sédiments meubles sont transformés en roches sédimentaires, NDLR), il ne nécessite pas de cuisson à haute température, ce qui économise de l’énergie et limite les rejets de CO2. À partir de ces sédiments, l’entreprise fabrique des carrelages pour applications murales ou au sol. Grâce à des pigments naturels, elle propose une gamme colorée en six formats différents. Ce matériau est également utilisé dans le moulage d’objets de décoration (que Gwilen sous-traite), comme des vases ou des plateaux de table.
Une ressource de 40 millions de mètres cubes par an issue des ports
Respectueux de l’environnement dans leur fabrication, les matériaux de Gwilen sont également écologiques et bas carbone dans leur composition. "Ils valorisent une ressource, les sédiments portuaires, que nous avons déjà à notre disposition, explique Delphine Santerre. Ces sédiments qui s’entassent dans les ports, ralentissent les courants. Les ports doivent donc régulièrement réaliser des dragages, puis gérer cette matière, qui est dans 90 % des cas rejetée en mer, mais perturbe les espaces marins. Nous apportons donc une solution de valorisation de ces sédiments. Cela représente 40 millions de mètres cubes extraits en France chaque année. C’est l’équivalent du volume de béton prêt à l’emploi utilisé tous les ans."
Justement, la start-up s’ouvre un nouveau marché avec cette ressource à portée de mains : celui de la construction. Gwilen développe actuellement des partenariats avec des industriels du bâtiment, afin de mettre au point un béton bas carbone composé en partie de ces sédiments marins. "Notre objectif est de développer de nouvelles alternatives aux matériaux de construction traditionnels, plus respectueuses de l’environnement.".
Source Le Journal Des Entreprises par Virginie Monvoisin