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17/04/2012

Quand la passion s'en mêle, crue ou cuite, tout est bon dans la brique

Sur le site leersois des Briqueteries du Nord, 25 ans de réserve sont à la disposition des producteurs. Sur le site leersois des Briqueteries du Nord, 25 ans de réserve sont à la disposition des producteurs.

Van Gogh, Matisse, Degas... On ne parle pas ici d'artistes, mais bien de briques produites pas les Briqueteries du Nord. Plus de 40 personnes ont été accueillies à Leers, récemment, par son président directeur général Gilles Bernard, pour une petite visite de l'entreprise. Ce dernier a brossé un bref historique de la briqueterie, fondée en 1919, et a insisté sur le caractère familial et artisanal de l'entreprise.

Abdel Mohaddab, responsable qualité, a ensuite pris la relève pour la suite des portes ouvertes, en commençant par la carrière. La terre extraite sur le site est directement stockée dans un hangar avant d'être utilisée. La briqueterie consomme environ 2000 m² par an sur une profondeur légale de 8 mètres.

Mais comme le précise Gilles Bernard, « nous avons 25 ans de réserve sur le site de la briqueterie et 80 ans sur des terrains avoisinants ». La terre est alors malaxée et introduite dans la production. La carrière est ensuite rebouchée par des matériaux de voirie inertes. Ces derniers sont soit laissés sur place, soit concassés pour être à nouveau utilisés dans le terrassement. La carrière rebouchée pourra être revendue en terrain constructible après une vingtaine d'années.
Une semaine au four

La terre sortie du malaxeur est ensuite compactée et découpée en briques crues, de 3 kg chacune. Ces dernières sont placées sur des chariots au moyen d'un robot perfectionné (c'est le seul moment automatisé de la production), pour être enfournées dans les tunnels de séchage pour une semaine. Les briques sèches, de 2,3 à 2,4 kg, sont ensuite conduites manuellement au niveau du four de type Hoffmann au charbon, à cuisson continue. Les briques sont déposées d'une façon régulière et très particulière pour permettre une cuisson uniforme à 1 080° durant une semaine. Le feu avance de 6 mètres par jour dans deux tunnels de cuisson en « léchant » les briques. Cette technique donnera à la brique de Leers des nuances et des reflets naturels uniques et fort appréciés. D'où parfois les noms évocateurs de peintres bien connus.

Après une semaine de refroidissement, elles seront prêtes à la vente et auront perdu 200 grammes. Les trois quarts de la production sont manuels et réalisés par des passionnés avant tout et ceci depuis presque un siècle. Mais comme conclut Gilles Bernard, « rien de durable ne se fait sans passion ».
Source La Voix du Nord

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