chantier en panne, le frémissement du logement neuf avéré, la baisse du m2 dans l'ancien touche Paris. Mais les prix de l'acier devraient repartir à la hausse cet été, la consommation de biens d'équipement de la maison traverse une embellie et les granulés et briquettes de bois ont le vent en poupeConstruction : pas de mises en chantier en avril
Les difficultés rencontrées par le Meeddat avec son nouveau système informatique l'ont empêché de publier les chiffres des mises en chantier de logements et de locaux non-résidentiels en avril. Seuls sont sortis les dépôts de permis : ils font apparaître un recul très fort dans le logement (- 22,6%) pendant les trois mois de février, mars, avril et de 16,4% sur un an. Dans le collectif, la chute est de 34,8% sur le trimestre et traduit le coup de frein donné par les promoteurs aux lancements de programmes. La maison individuelle pure ne baisse que de 4,6%.
Depuis un mois, ce chiffre intègre « la construction sur bâtiment existant », c'est-à-dire les logements créés à l'occasion de travaux d'extension, agrandissement... Il s'avère que le recul des dépôts de permis pour la seule construction neuve de logements est encore plus fort : - 26,1%.
Pour les locaux non-résidentiels, en revanche, les autorisations de construire sont en hausse de 2% sur le trimestre étudié et reculent encore de 13,4% sur un an. Mais cette bonne performance tient essentiellement à un bond de 42,7% de la commande publique pendant les trois mois étudiés, sans que l'on sache avec précision de quoi il s'agit.
Commentaire : Le ministère reconnaît un « bug » informatique et pense pouvoir sortir les statistiques de mises en chantier « au mieux à la fin du mois prochain » (juin en l'occurrence). Les analystes trouvent que ces difficultés tombent vraiment mal, alors que le secteur est en crise et a besoin de visibilité. Ils se demandent aussi, dans ce contexte, quelle foi accorder aux chiffres sur les dépôts de permis de construire.
Vente de logements neufs : le « frémissement » de début d'année confirmé
C'est LA bonne nouvelle de la semaine. Le « frémissement » du marché, évoqué depuis février par les promoteurs, est confirmé par les statistiques du Meeddat. L'effondrement des ventes de logements neufs subi au dernier trimestre 2008 (- 47%) ne s'est pas retrouvé au cours des trois premiers mois de l'année 2009. Elles n'ont baissé que de - 4,9% par rapport aux mêmes mois de 2008. Le plan de relance du gouvernement a donc porté ses fruits. Il faut préciser que ces chiffres n'intègrent pas les ventes de logements en Vefa aux bailleurs sociaux.
Les mises en vente (15.000) sont très inférieures aux ventes (25.000), reflet du coup d'arrêt aux programmes donné par les promoteurs. Conséquence : les stocks fondent et tombent au dessous des 100.000 logements (à 97.252, - 7,9%). Dans le logement collectif, où ils baissent de 8,8% à 82 690 unités, ils sont constitués de 5.995 logements achevés, 37.859 logements en cours de construction et 38.836 logements en projet. Les prix de ventes ne reculent que faiblement : - 2% sur un trimestre dans le collectif et - 0,2% dans la maison.
Commentaire : Une analyse fine des chiffres montre une déformation de la structure du marché : les ventes de grands appartements (4 pièces et plus) et de grandes maisons (6 pièces et plus) reculent très vivement (- 12,8% et - 47,2%). Sans doute parce qu'elles supposent une revente d'un autre bien et se heurtent au blocage des prêts relais.
Logements anciens : Paris touché à son tour par la baisse des prix
Partie des régions, la baisse des prix des logements anciens n'épargnait plus Paris au premier trimestre. Seuls 7 arrondissements sur 20 augmentaient encore dans la capitale, un stagnant. Toutefois, on ne peut parler d'effondrement puisque selon l'indice notaires-Insee, le recul est de 3,3% en France en CVS et à peu près égal entre appartements (-3,2%) et maisons (- 3,4%). Sur 12 mois, le recul est de 6,6%, cette fois plus marqué pour les maisons (- 8%).
La baisse est plus accentuée au premier trimestre en Ile-de-France (- 3,6%) qu'en région (- 3,2%) étant entendu que l'Insee ne dispose ni des chiffres de Paca ni de ceux de Rhône-Alpes, disponibles le 7 juillet seulement. Sur un an, c'est l'inverse : - 5,1% et - 7,5% respectivement.
En Ile-de-France, la grande couronne (- 4,5% pour les appartements et - 5,1% au T1 pour les maisons) est plus touchée que la petite (- 3,5% et - 6,3%), elle-même plus atteinte que Paris (- 2,1%, appartements seuls). Intra-muros, ce sont les arrondissements du centre qui font de la résistance. Pour la première fois depuis 1998, une baisse annuelle est enregistrée à Paris.
Mais, ce qui frappe surtout en Ile-de-France, c'est l'effondrement des transactions, supérieure à 40%, avec 22.980 logements vendus en trois mois tous produits confondus (neuf, ancien, appartements, maisons...), selon les notaires.
Commentaire : Compte tenu du délai dans l'enregistrement des actes, ces statistiques se réfèrent à des ventes conclues au dernier trimestre 2008 lors de l' « automne noir »
Acier pour le bâtiment : Baisse des prix ... en attendant la hausse
La baisse des prix des produits acier pour le bâtiment, constatée sans discontinuer depuis août 2008, s'est accélérée en mars. Sur un mois, l'indicateur synthétique recule de 8,2% et sur douze mois de 18,2%, selon le tableau de bord mensuel de la FFA/FFB. L'indicateur retrouve ainsi son niveau de la mi-2006. Sur un mois, les baisses enregistrées sont supérieures à 10% pour les poutrelles, treillis soudés, ronds à béton et profilés ; comprises entre 5 et 10% pour les enroulements et les plats laminés ; inférieures à 5% pour les tubes en acier allié.
En avril, le mouvement de recul devrait se poursuivre mais, pour la fin du semestre et le début de l'été, « le scenario le plus probable est une légère remontée des prix », inférieure à 10%.
Commentaire : Dans leur note, les deux fédérations signalent une légère hausse de la demande des aciers pour béton par rapport au premier trimestre 2009
Bâtiment : moral en berne en mai
Alors que l'indicateur de climat des affaires se redresse légèrement en France, les entrepreneurs du bâtiment interrogés en mai par l'Insee sont moroses. Chez eux, cet indicateur reste plat et bas. S'ils estiment que la contraction de l'activité s'est légèrement modérée, ils n'en restent pas moins sceptiques sur l'activité à venir et sont plus nombreux à juger leurs carnets de commandes inférieurs à la normale. Les effectifs ont baissé et continueront dans cette voie. Les carnets de commandes restent à 5,6 mois comme en mars et en avril, se ventilant entre 6,4 dans le gros œuvre et 5 mois dans le second œuvre.
Construction : 3500 défaillances au quatrième trimestre 2008
Les faillites ont augmenté dans la construction dès l'automne 2008: 3492 entreprises ont été défaillantes au dernier trimestre, soit 16,2% de plus qu'au cours des trois derniers mois de 2007. Pour le seul mois de décembre, l'Insee en dénombre 1201 (+ 3,3% en un mois). Sur douze mois, près de 13.000 défaillances sont comptabilisées (+ 16%).Dans l'immobilier, le bond est de 57,6% sur trois mois (656 défaillances) et de 41,5% sur 12 mois (1982 défaillances).
Commentaire : Depuis la fin de l'année 2008, près de 100 dossiers d'agents immobiliers ont été transmis au médiateur du crédit et 65% ont trouvé une issue favorable. La Fnaim estime à environ 500 le nombre d'agents qui devraient avoir recours au médiateur cette année.
Les travaux publics rattrapés par la crise hors métropole, fin 2008
Bien que gardant un très haut niveau d'activité, les travaux publics ont ressenti fin 2008 les effets de la crise sur les marchés extérieurs: alors qu'il s'inscrivait en hausse de 11% au troisième trimestre par rapport aux mêmes mois de 2007, le chiffre d'affaires des entreprises françaises a reculé de 3% au T4 (à 6,3 milliards d'euros). Mais, sur l'ensemble de l'année 2008, il progresse de 9,1% (à 24 milliards) dont + 4% au second semestre. La FNTP, à l'origine de ces chiffres, note un « sensible ralentissement » en fin d'année dans la zone euro (51% du montant total des chantiers) et une forte chute en Asie et au Moyen-Orient. Les DOM-TOM affichent une progression de 17% au second semestre 2008 comparé aux six derniers mois de 2007. (voir graphique ci-dessus)
Même profil pour les carnets de commandes : les marchés conclus, qui avaient fortement progressé au T3, ont reculé de 5,6% au T4 08. Sur le semestre, ils sont en hausse de 13,6% mais en progression de 1,4% seulement sur l'année (à 21,6 milliards). Or, note la FNTP « avec l'aggravation de la crise en fin d'année, les incertitudes sur certaines commandes s'accroissent (risque d'annulation, allongement des délais de paiement et non solvabilité de certains clients...) ». Les chefs d'entreprises interrogés sur leur activité future se montrent incertains : la moitié anticipe une baisse, 25% une stabilisation et le reste un redémarrage grâce aux divers plans de relance adoptés.
Equipement du logement : rebond de la consommation en avril
Les dépenses de consommation des ménages en biens d'équipement du logement ont partagé l'embellie ressentie en avril sur l'ensemble de la consommation : elles affichent en effet une hausse de 0,8% (contre 0,7% pour l'ensemble de la consommation) en CVS-CJO après deux mois de recul. Mais avril 2008 est inférieur de 1,1% à avril 2007. (source : Insee)
Energie : les granulés et briquettes de bois font leur petit bonhomme de chemin
Comme toute énergie renouvelable, les granulés et briquettes de bois ont le vent en poupe : les tonnages produits en 2008 ont progressé de 15,5% à 208.000 tonnes après 180.000 tonnes en 2007 et 100.000 en 2006, selon le Syndicat national des producteurs de granulés de bois (SNPGB). En 2008, la consommation intérieure a été de 193.000 tonnes, les exportations étant estimées à 35.000 tonnes et les importations à 20.000 tonnes.
LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
320 millions de m2
De plaques de plâtre ont été vendus en 2007 sur le marché intérieur, soit une consommation de 4,9 m2 par habitant en France
Source : Una Capeb Métiers et techniques du plâtre 2007 dans « Négoce », le 25 mai, P. 21
LA PHRASE DE LA SEMAINE
"Quand on est en récession, il ne peut y avoir de créations d'emplois, il ne peut y avoir qu'augmentation du chômage. On aura une augmentation du chômage dans les pays d'Europe qui va se poursuivre tout au long de l'année 2009 et sans doute encore un peu au début de l'année 2010"
Source LeMoniteur.fr
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