moins faciles, " une consolidation des cours " dit-on en bourse, après une hausse soutenue. Nos interlocuteurs s’interrogeaient avant le plan de relance annoncé le 4 décembre dernier à Douai. L’ampleur des mesures favorables aux TP et aux différents secteurs du bâtiment évitera un trou d’air qui poserait problème.Selon les matériaux, les marchés destinés aux produits de couverture diffèrent. Les ardoises ne sont pas vraiment concurrentes des tuiles. Et entre tuiliers, la lutte commerciale n’est pas aussi simple que pour les produits de grande consommation. Selon les modèles et la puissance de production des usines, certains types de tuiles ou secteurs géographiques sont moins disputés que d’autres. Les toitures plates recourent à des matériaux différents. Les membranes d’étanchéité ne sont pas concurrentes des métaux quand ils restent visibles. Côté optimisme, deux types de produits émergents font l’unanimité : le photovoltaïque et les toitures végétalisées.
Pour Christophe Beyer, responsable marketing France de Soprema, « les mesures du Plan de relance sont de bonnes nouvelles, mais le souci demeure sur le marché de la maison individuelle neuve. Les banques freinent les primo-accédants, il faut qu’elles aient confiance. » Il poursuit : « Des difficultés pourraient apparaître au deuxième trimestre. Nous sommes prudents sans être catastrophistes. Et sur certaines activités, nous renforçons les équipes. »
La vie en métal
Arval commercialise des produits de couverture pour deux types d’application : soit comme support d’étanchéité à plat, soit comme couverture plus pentue, jusqu’à être photovoltaïque. Le directeur commercial Pascal Magain se satisfait d’une « année porteuse pour la toiture, les chantiers se présentant à la fois en nombre et en qualité, en particulier, de grands bâtiments de stockage ou à vocation commerciale. Citons le centre de gros Ikea à Fos-sur-Mer avec deux fois 65 000 m2, ou encore les bâtiments d’entretien des A380 à Luxembourg ou à Roissy, avec 100 000 m2 de couverture. Ces couvertures techniques incluent une isolation thermique et un traitement acoustique intérieur. »
Par contre, poursuit-il, « 2009, c’est la grande inconnue avec des carnets de commandes raisonnables, des projets pour le premier semestre, en particulier pour les bâtiments logistiques. Sans être alarmistes, nous sommes inquiets sur les décalages de chantier. De grands stades sont prévus, mais nous sentons un essoufflement des études de la part des architectes et des bureaux d’études. »
Fabien Moulin, responsable marketing et communication d’Umicore VM zinc, note que : « La commercialisation du zinc se répartit en plusieurs marchés. Un tiers est destiné aux bâtiments publics scolaires ou situés en centre-ville, pour des travaux neufs ou des rénovations. Un petit tiers est utilisé en couverture des logements, pour des pièces accessoires d’étanchéité et surtout pour les gouttières. Un cinquième est utilisé pour les immeubles de bureaux et un dixième pour les bâtiments du secteur santé. Et nous connaissons un gros développement en façade depuis une vingtaine d’années. »
« Nous voyons bien que le zinc a le vent en poupe, mais nous sentons que les avant-projets sont ralentis. Dans le secteur maison, le matériau est essentiel. Jusqu’à fin octobre, nous n’avons pas mesuré de mouvement dans les ventes qui passent toutes par le circuit du négoce. Nous aurons une idée plus nette de l’année à mi-février. Par ailleurs, la baisse du cours du métal aide les devis à rentrer dans les enveloppes. Globalement et au pire, l’année 2009 pourrait ressembler aux années 2003/2004. »
Les tuiles et les ardoises
Le marché de la tuile est très lié à celui de la maison individuelle, notamment à la construction neuve. La baisse de 100 000 maisons neuves construites laisse augurer une perte en volume de 15 à 20 %.
Directeur marketing de Terreal, Bernard Caron enregistre « un marché 2008 en baisse de 5 % par rapport à 2007, une baisse d’environ 10 % ayant succédé, dès septembre, à une croissance au premier semestre ». Le marché de la tuile est légèrement majoritaire en rénovation avec un peu plus de 30 millions de m2, contre un peu moins de 30 pour le neuf. Cependant, les volumes de vente sont réalisés avec les nouveaux modèles, conçus pour le neuf. La baisse des maisons neuves cet automne se fera sentir au printemps prochain pour les tuiles. En réaction, les couvreurs reviendront sur des devis dont ils ne pouvaient réaliser les travaux. Il conclut : « Nous devrions nous en sortir grâce aux nouvelles tuiles à cote et à de nouveaux coloris, même si les clients choisissent des toitures revenant moins cher par la fourniture ».
Gilles Wuthrich, directeur du marketing de Koramic Tuiles, place ses espoirs « dans la rénovation et l’approfondissement du prêt à taux zéro. De plus, le Grenelle de l’environnement peut développer la rénovation des toitures pour des objectifs d’isolation thermique ». Il précise que « les tuiles de rénovation - à cote - se portent mieux, mais que les plates et celles à pureau plat soufrent un peu. Et heureusement, le photovoltaïque et le solaire thermique bénéficient d’une forte demande de la part des particuliers et des prescripteurs ».
Fournisseur essentiel des ardoises, les Ardoisières d’Angers, par la voix du directeur commercial Stéphane Ducruet, « vivent une époque particulière dans un univers où le chantier moyen représente 250 m2. La rénovation représente la majorité des ventes, mais le secteur neuf est touché. Pour l’instant, nous sommes dans un épais brouillard quant à 2009. »
Eternit prévoit, selon Valérie Froissart, « de finir l’année en croissance modérée, entre les objectifs et les résultats de 2007 : nous allons tirer notre épingle du jeu. Pesant 60 % de notre chiffre d’affaires, les plaques ondulées offrent une croissance inférieure à 5 %. C’est une année honorable pour un produit destiné à 80 % au monde agricole et à 20 % aux hangars de dépôt. Les ardoises en fibres-ciment et les plaques sous tuile canal surfent sur la rénovation. »
« Pour 2009, nous allons essayer de tenir le niveau de 2008. Les toitures végétalisées Verdura et les deux solutions photovoltaïques commercialisées au printemps prochain, une pour les plaques ondulées et l’autre pour les ardoises, stimuleront les résultats. Nous avons de quoi nous retrousser les manches avec des produits présents sur des créneaux en progression. »
Et la distribution ?
Le groupe Wolseley est présent de façon assez uniforme sur l’Hexagone, hormis le grand centre. Benoît Bernheim, directeur du marché couverture, isolation et plaques de plâtre, estime « le marché 2008 moins bon que 2007. Nous nous interrogeons sur le marché du logement neuf. Toutefois, le ralentissement ne s’est pas encore fait sentir sur la couverture. L’année 2009 sera compliquée. Nous souhaitons que les nouvelles capacités de production du secteur tuilier ne conduisent pas à une guerre des prix. »
Par ailleurs, « nous proposons à la vente des toitures photovoltaïques et végétalisées. Ce sont des niches. »
► 26 milliards à Douai
Le plan de relance présente de nombreuses mesures complémentaires les unes des autres, inspirées par un certain pragmatisme et le sens des affaires courantes. Les mesures portant sur la construction sont généralement des accélérations de calendrier visant à soutenir certains marchés, le transport et le logement.
• En matière de logement, 70 000 logements sociaux neufs s’ajoutent aux 30 000 annoncés le 1er octobre, des ventes en l’état futur d’achèvement des promoteurs privés aux organismes sociaux. Ajoutons 40 000 logements intermédiaires dont 10 000 acquis par la Caisse des dépôts et consignations et 30 000 vendus par les promoteurs privés aux particuliers, grâce au PLS privé.
Par ailleurs, le montant du prêt à taux zéro est doublé pour l’achat des logements neufs par les primo-accédants, mais en passant de 20 à 30 % du prix total du bien.
En outre, les permis de construire sont prorogés d’un an et la densité urbaine peut croître de 20 %. 200 M€ supplémentaires accéléreront le programme national de rénovation urbaine dans les quartiers.
• L’État va accélérer la construction de bâtiments dans le secteur santé. 600 M€ seront consacrés à la rénovation énergétique des bâtiments et de 150 monuments historiques appartenant à l’État : 80 M€ pour les prisons, 245 M€ pour la Défense, etc.
200 M€ seront confiés aux collectivités locales afin de rénover les universités. 170 M€ iront à la remise à niveau de bâtiments universitaires (sécurité, handicap). Le plan Campus de rénovation lourde de 10 sites universitaires en compte deux de plus avec Metz-Nancy et Lille.
Source France BTP
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