Pages

19/12/2008

Plan climat: l'Italie, "pas encore satisfaite", demande des modifications

L'Italie et plusieurs autres pays de l'UE ont rejeté lundi en l'état le plan de lutte européen contre le réchauffement climatique et attendent de nouvelles propositions mercredi, a annoncé le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini.
"Nous ne sommes pas encore satisfaits", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles.
"L'Italie a trois lignes rouges", a-t-il précisé. "Nous voulons protéger certains secteurs de notre industrie manufacturière; nous voulons plus de souplesse pour les projets dans le secteur des énergies renouvelables et nous voulons une clause de révision en 2014", a-t-il expliqué.
"Beaucoup d'autres pays ont également dit, d'une manière plus radicale, qu'ils ne pouvaient pas accepter le texte", a-t-il précisé.
"Nous attendons mercredi un nouveau texte de la présidence française et nous espérons qu'il comportera des améliorations et qu'il tiendra compte de nos demandes", a-t-il ajouté.
Le ministre allemand de l'Economie Michael Glos a pour sa part précisé lundi à Bruxelles que le plan européen "ne devait pas mettre en danger l'industrie allemande".
Les dirigeants de l'Union européenne vont tenter de trouver une entente sur les dernières points leur posant problème au cours de leur sommet jeudi et vendredi à Bruxelles.
L'unanimité sera nécessaire pour tout accord, a rappelé M. Frattini.
Les Européens se sont engagés en mars 2007 sur un triple objectif pour 2020: réduire de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à leurs niveaux de 1990, porter la part des énergies renouvelables à 20% de la consommation et réaliser 20% d'économies d'énergie.
Il s'agit à présent de mettre cet engagement en pratique. Tous les secteurs économiques doivent participer à cet effort, mais l'un des plus significatifs est demandé à l'industrie, qui va devoir réduire de 21% les émissions de ses usines sur 8 ans, de 2013 à 2020, et devoir les mettre au niveau de la meilleure technologie européenne pour chaque secteur d'activité.
Pour les contraindre à s'exécuter, la Commission propose de faire payer aux industriels chaque tonne de CO2 émise à partir de 2013.
La mise aux enchères des droits à polluer et un fonds de solidarité en faveur des pays pauvres de l'UE pour les aider à s'adapter à la nouvelle donne environnementale (alimenté par une partie des revenus de ces enchères) sont deux des noeuds à trancher.
Des allocations gratuites de permis d'émissions sont envisagées pour certains secteurs industriels menacés dans leur compétitivité par le surcoût engendré par l'achat des droits d'émissions.
Mais "il faut travailler sur les critères" prévus pour bénéficier de ces droits gratuits, a déclaré M. Frattini. L'Italie veut cette gratuité pour les secteurs du "ciment, de la céramique et du papier", a-t-il précisé.
"Nous souhaitons également une dérogation pour notre secteur électrique national", a-t-il ajouté.
"Une autre proposition que la présidence française souhaite introduire, un fonds de solidarité alimenté avec les revenus des enchères, pose problème", a averti M. Frattini.
"Certains pays sont opposés à ce fonds", a-t-il précisé citant "l'Allemagne et le Royaume-Uni". "Pour nous, le compromis serait de donner moins au fonds de solidarité et d'obtenir davantage de quotas d'émissions gratuits", a-t-il conclu.

Aucun commentaire: