Les services européens de la concurrence ont lancé une enquête sur plusieurs fabricants de ciments présents en Europe, dont le français Lafarge, qu'ils soupçonnent de pratiques anticoncurrentielles.La Commission européenne a confirmé mercredi que ses inspecteurs avaient perquisitionné mardi et mercredi "plusieurs sociétés actives dans le ciment et des produits liés, dans plusieurs Etats membres".
Dans un communiqué, Bruxelles dit soupçonner des violations des règles de concurrence européenne, comme la constitution de cartels ou des abus de position dominante.
Les perquisitions sont "une étape préliminaire" de l'enquête, pour laquelle aucune échéance n'est fixée, et "ne signifient pas que les entreprises sont coupables", insiste la Commission.
Conformément à son habitude, elle n'identifie pas ces entreprises, mais plusieurs acteurs du secteur ont déjà annoncé qu'ils étaient concernés.
Le français Lafarge a été le premier à indiquer mardi soir être l'objet d'une enquête des services européens de la concurrence, comme les autres groupes européens du secteur.
"Les autorités européennes de la concurrence mènent une enquête sur l'industrie cimentière européenne", a déclaré à l'AFP une porte-parole de Lafarge. "Lafarge coopère avec les autorités européennes pour cette enquête. Nous ne ferons pas d'autre commentaire pour l'instant".
Mercredi, des enquêteurs des services européens de la concurrence se trouvaient dans les bureaux parisiens de Ciments Français, a indiqué à l'AFP une porte-parole de la filiale française du groupe italien Italcementi. "Les enquêteurs sont arrivés mardi et poursuivent mercredi leurs investigations. Nous coopérons pleinement à leur enquête mais nous ne savons pas ce qu'ils cherchent", a déclaré cette porte-parole.
Les groupes allemands HeidelbergCement et Dyckerhoff ont à leur tour annoncé que leurs bureaux avaient été perquisitionnés.
Dyckerhoff a précisé que les perquisitions s'étaient déroulées mardi et HeidelbergCement que ses sites concernés se situaient à Heidelberg (sud de l'Allemagne), en Grande-Bretagne et au Bénélux.
Les deux sociétés allemandes ont refusé de commenter l'objet exact de l'enquête.
Le cimentier mexicain Cemex a également indiqué avoir reçu la visite d'inspecteurs de la Commission européenne dans ses bureaux allemands et britanniques.
"Cemex collabore pleinement avec les autorités, leur fournit toute l'information qu'elles réclament et produit tous les témoignages requis", a-t-il assuré, sans autres précisions.
Ce n'est pas la première fois que Bruxelles s'attaque aux cimentiers.
La Commission avait déjà sanctionné en 1994 plus de 40 entreprises actives dans le ciment en Europe pour s'être entendues sur un partage du marché. L'amende collective infligée initialement, environ 248 millions d'euros, avait été réduite en 2000 par la Cour européenne de justice, à 108 millions d'euros.
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