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30/04/2008

L'IDI attend la baisse des prix dans le capital-investissement en France

La société a davantage cédé d'actifs qu'elle n'en a acquis l'an dernier. Elle étudie le rachat de dette décotée et met l'accent sur les émergents
Prudence à l’ IDI, l’Institut de développement industriel. L’ex-société publique de capital-investissement, aujourd’hui cotée et contrôlée aux deux tiers par ses dirigeants et à 20,5 % par de grands actionnaires (les AGF, la FFP, holding de la famille Peugeot…), temporise face à la crise. D’autant qu’elle juge les valorisations encore élevées sur le marché français, où elle cible les PME de 10 à 250 millions d’euros de valeur.
« Nous allons rester prudents le temps de voir si les prix s’ajustent. Pour le moment, les opérations se font avec plus de capital, mais pas vraiment avec moins de prix », estime Xavier Thoumieux, l’un des deux directeurs généraux investissement de l’ IDI. En 2007 déjà, la société a cédé davantage d’actifs qu’elle n’en a acquis : les sorties ont atteint 95 millions d’euros sur le private equity France, la mezzanine et les pays émergents, pour 78 millions d’euros d’investissements. Une prudence liée aussi au fait que l’ IDI gère essentiellement pour compte propre ses 477 millions d’euros d’actifs.
La compagnie ayant en outre levé 58 millions d’euros en juillet dernier par augmentation de capital, juste avant le retournement du marché, elle est aujourd’hui gorgée de liquidités. Et avec 59 % de ses actifs investis dans le capital-investissement (le solde étant placé en gestion alternative), elle est désormais loin de l’objectif de 80 % qu'elle se fixe dans ce domaine.
« Nous pensons investir autant en 2008, soit 75 millions d’euros, tempère Thierry Gisserot, directeur général investissement. Il faut être souple, c’est l’avantage de notre modèle ». Parmi les pistes explorées : le rachat direct de dettes LBO au rabais, des prises de participations minoritaires dans des sociétés cotées (l’ IDI a pris l’an dernier un ticket de 4 % dans l’éditeur de sites Hi-Media) et le développement plus prononcé des pays émergents, une activité lancée en 2004 sous forme d’engagements dans des fonds locaux.
L’ IDI travaille ainsi au lancement d’une structure dédiée de droit luxembourgeois, IDI Emerging Markets, qu’elle espère boucler en juin. La taille visée est de 200 millions d’euros, dont 100 millions apportés par le groupe, l’idée étant d’associer des tiers et notamment des structures familiales.
Cette politique d’investissement et la diversité du portefeuille se sont traduites en 2007 par hausse de 9,3 % de l’actif net réévalué par action, à 40,1 euros.
Source AGEFI Par Alexandre Garabedian

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