Longtemps spécialisée dans la fabrication de briques, la famille Barraud a fait des Grès Médocains un petit paradis pour les passionnés de poterie
Le hameau de Touleron est le fief des Barraud, au cœur de la forêt médocaine, à cheval sur les communes de Listrac et de Brach. Ici, pas de vigne mais une briqueterie fondée en 1880 et que cette famille a reprise en 1908. Claude, béret vissé la tête, s’y active depuis presque soixante-dix ans. Ce patriarche de 81 ans habitait autrefois dans l’usine même, avant qu’il s’installe juste de l’autre côté de la route.
« Il y avait 860 briqueteries en Gironde en 1960, dont une trentaine dans le Médoc. Nous sommes l’une des dernières, l’essor des multinationales est passé par là », explique-t-il avec précision. L’homme aime le métier et ça se voit.
La fabrication de briques et de tuiles, activité historique de la maison, est en perte de vitesse face à la concurrence des multinationales du secteur.
Depuis près de soixante-dix ans, Claude Barraud s’investit dans l’entreprise qui appartient à sa famille depuis 1908
Sa fille Laurence, qui a repris les rênes, s’affaire autour d’un four plus que centenaire.
Son mari, Jean-Bruno, n’est pas très loin. L’argile grise, extraite d’une carrière située derrière ces bâtiments, donnera, après une cuisson à 1 280 degrés, des briques, tuiles, carrelages et autres dessus de mur et appuis de fenêtre. Un débouché historique en déclin – seulement un tiers du chiffre d’affaires aujourd’hui – car la concurrence est rude.
Claude Barraud et sa fille Laurence mettent au four des pièces de poterie qui cuiront à 1 280 degrés
Dans le showroom. Claude Barraud, 81 ans, continue de donner un coup de main à sa fille Laurence, qui a pris les commandes de la petite entreprise
Véritable « terroir » à argile de qualité, un même savoir-faire pour deux univers, la brique et la poterie.
« Au moment du Covid, la question s’est posée : quel avenir pour notre entreprise ? » rappelle la jeune femme, qui emploie une secrétaire et deux personnes à mi-temps. Cet avenir passera par la poterie. Une activité déjà existante, en particulier pour les pots de jardin et les ustensiles culinaires, mais qui sera boostée.
Source Sud Ouest par César Compadre