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18/06/2009

Financement des PME : mise en place d'un fonds de consolidation

Réunis mardi 9 juin par l'association des journalistes en charge des PME (AJPME), plusieurs acteurs du financement des PME ont fait un point sur la situation actuelle des entreprises.
" Les PME sont davantage confrontées à la crise qu'il y a deux mois". Pour Jean-François Roubaud, président de la CGPME, la situation se corse pour les patrons de PME. C'est en tout cas ce qu'il a déclaré lors de la table ronde organisée mardi 9 juin par l'AJPME (association des journalistes en charge des PME). Il a tenu à souligner que selon le dernier baromètre Ifop réalisé pour KPMG et la CGPME (à paraître dans les tout prochains jours), les patrons de PME sont plus nombreux à se déclarer inquiets pour leur entreprise. Mais l'inquiétude ne porte plus tant sur l'accès au financement que sur le carnet de commande, de plus ne plus difficile à remplir, et sur la perte de clientèle. Conséquence "positive" de cette situation : "les entreprises prennent conscience de la nécessité de modifier leur gestion, a indiqué Jean-François Roubaud. Elles savent qu'elles doivent impérativement renforcer leurs fonds propres"
Problématiques de haut de bilan
En réponse à cette problématique, Nicolas Jacquet, bras droit de René Ricol à la médiation du crédit, a annoncé la création imminente d'un fonds de consolidation destiné à solutionner les problématiques de haut de bilan des entreprise. "Ce fonds sera doté de 300 millions d'euros, a indique Nicolas Jacquet. 100 millions issus du fonds stratégique et 200 millions de France investissement. Il s'agit d'un fonds utilisable de façon minoritaire pour aider les entreprises à sortir de leurs difficultés." Et notamment celles, a-t-il souligné, "comme la construction, qui connaissent aujourd'hui une grande sous-activité après avoir vécu une grande sur-activité."
Sur les problématiques de financement, la Société générale, présente à cette table ronde, a tenu à souligner que l'afflux des demandes de crédit avait diminué de 16% sur le premier trimestre 2009 par rapport au premier trimestre 2008. Selon la banque, non seulement les entreprises s'auto-censurent, en reportant les investissements qui ne s'avèrent pas absolument nécessaires à la poursuite de leur activité, mais elles présentent également des dossiers bien mieux préparés, ce qui permet à la Société générale d'afficher un bon taux d'acceptation.
Sur cette problématique du financement, Jean-Marc Jaumouillé, directeur des techniques professionnelles chez Fiducial (conseil aux TPE/PME) a tenu à souligner que le secteur du bâtiment était particulièrement touché. "Nous commençons également à voir d'autres professions touchées, comme les architectes ou encore les notaires", a-t-il ajouté.
Enfin, Nicolas Jacquet, de la médiation du crédit, a tenu à souligner le bilan positif dressé également par Bercy sur les nouvelles mesures prises en mai dernier sur l'assurance-crédit. "Nous avons fait un point lundi 8 juin, qui a permis notamment de valider que les principaux assureurs-crédits se conformaient à leur nouvelle obligation de transparence. Les entreprises peuvent aujourd'hui avoir accès à la cotation attribuée par l'assureur-crédit, et même dialoguer avec lui. Euler Hermes Sfac, par exemple, a mis en place un nouveau site internet qui permet, après avoir entré un code, d'accéder aux détails de sa cotation."
En outre, le dispositif CAP+, qui permet à l'Etat de garantir des encours que les assureurs-crédits ne prennent plus en charge, a déjà attiré 1200 dossiers depuis son lancement, le 25 mai dernier, soit un encours global de 22 millions d'euros. Preuve, selon Bercy et la médiation du crédit, de la promotion du dispositif par les assureurs-crédits. Un succès qui semble toutefois irriter Jean-François Roubaud, de la CGPME. "A travers CAP et CAP +, financés par l'Etat, les assureurs-crédits se déchargent de leurs problèmes, a-t-il souligné lors de la table ronde. Cela montre bien que l'assurance-crédit ne fonctionne qu'en période de croissance."
Toutefois le succès de ce dispositif aiguise les appétits : la CGI, qui représente une partie du commerce interentreprises, réclame aujourd'hui la mise en place d'un dispositif "CAP export", destiné aux sociétés travaillant à l'international.
Source Le Moniteur

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