consécutif. Pourtant, des signaux positifs laissent espérer un retournement.Etats-Unis : une récession ordinaire Deux lueurs d'espoirs et deux nouvelles catastrophiques nous sont venues d'Outre-Atlantique en quelques jours. Hier, les entreprises ont dû se réjouir du rebond des commandes industrielles en février, en hausse mensuelle de 1,8% après six mois de baisse, même si sur un an elles chutent de 23,7%.Tout comme du regain des ventes de maisons individuelles qui ont grimpé de 4,7% en février également.
5,1 millions de pertes d'emploi depuis fin 2007
Du coup, la catastrophe annoncée ce vendredi sur le front de l'emploi n'en est que plus dure. L'économie a détruit 663 000 postes en mars, dont 305 000 dans l'industrie. Le chômage, déjà à son plus haut depuis vingt-cinq ans, a bondi de 8,1% à 8,5% d'un mois sur l'autre, à 13,2 millions d'Américains. Et ce recul fait suite à plusieurs mois de destructions massives. Au total, depuis le début de la récession en décembre 2007, le gouvernement a dénombré 5,1 millions de pertes d'emploi. Et aujourd'hui près d'un chômeur sur quatre est un chômeur de longue durée.
Plusieurs analystes estiment comme Ryan Sweet, de Moody's Economy.com, "qu'on n'évitera pas un taux de chômage à deux chiffres" d'ici à 2010. Autre mauvaise signe de ce vendredi : la baisse de l'activité dans les services aux Etats-Unis s'est accélérée en mars, selon l'indice des directeurs d'achats du secteur publié par l'association professionnelle ISM, ressorti à 40,8 points, en recul depuis six mois.
"Tout ne va pas à la même vitesse"
Alors embellie de printemps ou pas ? "On perçoit très clairement un certain nombre d'éléments plus favorables qui n'existaient pas il y a quelques mois, observe Philipe Waechter, économiste à Natexis, comme les commandes et le marché immobilier. Mais il n'empêche que tout n'est pas rose. Si nous sommes dans une situation de retournement, tout ne va pas à la même vitesse, comme l'emploi ou l'indice ISM, toujours en décalage, ou les investissements des entreprises qui restent fragiles".
Mais d'autres signaux positifs, comme la diminution des stocks, ou une stabilisation de l'économie à un niveau très bas, laissent suggérer qu'aux Etats-Unis "on est passé d'une récession d'exception à une récession ordinaire", poursuit l'économiste. D'ailleurs, pour Ben Bernanke, le président du Fonds monétaire international, la récession américaine devrait "probablement" s'arrêter vers la fin de l'année tandis que la reprise serait au rendez-vous au début de l'année prochaine. Même pronostic pour l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), pour laquelle "l'activité aux [Etats-Unis] se contractera fortement à court terme, mais le pays pourrait commencer à sortir de la récession au début de 2010, en supposant que les vastes programmes de relance se montrent efficaces et que les marchés des capitaux et du logement deviennent plus stables"
Un scénario de reprise
Dans son discours du 24 mars dernier, le président Barack Obama a instillé, une fois n'est pas coutume, des pointes d'espoirs en déclarant que la stratégie globale de son administration était "destinée à créer des emplois, à aider des les propriétaires responsables à relancer le crédit et à accroître notre économie dans le long-terme. Et nous commençons à observer des signes de progrès".
Au dernier trimestre 2008, la croissance américaine a connu l'enfer avec un PIB en recul de 6,3% en rythme annuel et le premier trimestre 2009 devrait s'avérer également "très mauvais" voire "pire", selon Richard Fisher, président de la Banque de réserve fédérale de Dallas. Pour l'ensemble de l'année 2009, l'OCDE table d'ailleurs sur un recul très sévère de la croissance à -4%. « En ce moment même nous subissons, c'est une évidence. Je m'attends à une amélioration graduelle des performances, à ce que les choses aillent moins mal à mesure que nous avançons dans l'année."(...), a-t-il déclaré avant d'ajouter : "Nous ne retrouverons pas de croissance avant l'année prochaine", rejoignant ainsi le pronostic de Ben Bernanke.
"C'est le scénario le plus probable, s'il n'y a pas de chocs supplémentaires, selon Philippe Waechter, et c'est là le point intéressant de cette crise. Alors que tous les pays étaient dans la même barque à la fin 2008, la situation va être très différente selon les régions à la fin 2009. Avec une politique économique, monétaire et budgétaire très active aux Etats-Unis, on peut effectivement imaginer une stabilisation de l'économie."
Source L'usine nouvelle
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