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08/04/2009

Belgique: CERATEC le constructeur de séchoirs supprime les emplois intérimaires

Dire que la situation économique n'est pas bonne est, sans conteste un euphémisme. Les faillites et autres délocalisations constatées à Mouscron ces derniers jours n'en sont que le pâle reflet. Pourtant, on pourrait dire que tout ne va pas si mal. Chacun subit la crise, c'est sûr, mais chacun à sa manière. Pour Robert Sénéchal, permanent à la FGTB Métal, la motivation des responsables à la tête de nos entreprises est primordiale pour leur survie. « Les sociétés basées sur une structure familiale font vraiment le gros dos et redoublent d'efforts pour passer la crise. Il y a chez eux une réelle volonté de maintenir leur entreprise à flot, même s'ils subissent inévitablement des pertes. » Et le permanent en veut pour preuve l'état de certaines entreprises implantées en Hainaut occidental. « Prenons par exemple Ceratec. Dans son activité électrotechnique, il n'y a pas de chômage économique. Ils ont juste supprimé le travail des intérimaires. Pour le pôle mécanique, le carnet de commandes est plein pour huit mois. S'ils subissent la crise, ce sera plus tard. Certaines structures familiales doivent se battre plus que d'autres. Alu Trailer, basé à Orcq dans le domaine du transport, subit un important chômage économique. La quarantaine d'ouvriers du site tournaisien ne travaille qu'une semaine sur cinq. Chez Drafil (transformation du fil métallique), les responsables ont une vraie politique d'investissement familial. Dans les grandes structures multinationales, part contre, cette volonté n'est pas du tout la même. La plus importante dans la région est Valéo. Aujourd'hui, 540 ouvriers, 75 employés et 90 cadres travaillent sur le site athois. Mais, depuis le mois de septembre, aucun contrat CDD n'a été renouvelé. On peut donc considérer que l'on a déjà perdu 140 emplois. On constate par ailleurs 40 % de chômage économique au sein de la société et une diminution de moitié du chiffre d'affaire entre le premier trimestre 2009 et celui de l'année précédente. Dans ce type d'entreprise, il n'y a aucun sentiment entre la direction et les travailleurs. » La motivation perceptible de certains ne suffit pas pour autant à enrayer les dégâts de la crise. Pour beaucoup, une réflexion globale à plus long terme doit se mettre en place dans le camp des pouvoirs publics. Un avis que partage Robert Sénéchal. « J'aime bien le discours politique qui dit qu'il ne faut pas être alarmiste, mais il est quand même temps de se préoccuper. Il y a toute une série de choses que l'on ne maîtrise pas. On ne sait pas, par exemple, tout ce que les intercommunales pourraient rendre comme services aux sociétés de leur zone. Il est nécessaire de faire un état des lieux des entreprises en difficulté pour voir comment on pourrait les aider. Je sais que le politique ne peut pas tout régler d'un coup de baguette magique, mais il faudrait au moins avoir un indicateur... »
Source Actu24

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