chômage partiel devient monnaie courante dans bien d'autres secteurs de l'économie française. Et les demandes auprès des Directions départementales du travail progressent.L'annonce d'une envolée du chômage la semaine dernière a fait l'effet d'un choc. Et ravivé la polémique sur la manière dont les entreprises faisaient face à la crise. Dans une interview accordée aux « Echos », Xavier Lacoste, directeur général du cabinet Altedia, a lancé un pavé dans la mare en reprochant à nombre d'entreprises de préférer recourir rapidement aux licenciements plutôt qu'au chômage partiel ou à des accords de RTT défensifs pour ralentir la dégradation du marché de l'emploi. De fait, si certaines branches d'activité (comme l'automobile) font assaut de publicité autour des mesures de chômage technique, dans les autres secteurs, il en va autrement. « Dans la construction, les plus grosses entreprises s'appuient plutôt sur l'accord de branche d'annualisation du temps de travail qui permet d'éviter d'y recourir, mais aussi sur les licenciements », explique Eric Aubin (CGT).
Des chiffres qui s'envolent
Malgré tout, les chiffres des demandes d'autorisation de chômage partiel auprès des Directions départementales ont tendance à s'envoler. En Côte-d'Or, par exemple, sur les cinq derniers mois, « 4.506 employés ont été déclarés en chômage partiel. Cela représente un volume d'heures indemnisées de 362.207 pour un total de 105 demandes d'indemnisation », explique-t-on. De même, 5.623 salariés de 83 entreprises des Ardennes seraient concernés et 1.250 salariés d'une quarantaine d'entreprises de l'Aisne. Le détail des statistiques disponibles dans le Rhône auprès de la Direction départementale du travail pour le mois de janvier - 101 dossiers déposés touchant 4.482 salariés - permet de voir qu'un nombre croissant de secteurs sont concernés, même si l'automobile arrive largement en tête (1.035 salariés), devant la transformation des matières plastiques (601 salariés), des métaux (514), la fabrication des machines (510) et le conseil et l'assistance (302). Dans la construction, seules 191 personnes sont concernées.
Ces demandes constituent souvent une étape supplémentaire dans la stratégie de gestion de la crise : la direction du fabricant de bétonnières Altrad explique par exemple qu'ayant « déjà utilisé des moyens de modulation, comme la prise de congés », elle envisage désormais du chômage partiel sur mars et avril. Dans le secteur de la papeterie, les principaux acteurs du marché sont touchés : l'usine Stracel de Strasbourg (270 salariés), spécialisée dans le papier magazine et filiale du finlandais UPM, est en chômage technique depuis le 21 février, et ce jusqu'à aujourd'hui. Même situation pour le groupe canadien Tembec, qui a arrêté temporairement la production de ses principaux sites français (Tarascon, Tartas). Certains paient leur dépendance à un secteur en crise comme celui de l'immobilier : c'est le cas de Steico, spécialiste des panneaux d'isolation, qui a été fermé au cours des deux dernières semaines de février. Ou bien encore de la tuilerie Imerys Terre Cuite, qui envisage de fermer deux mois et demi cet été. Autres exemples montrant un élargissement des recours : le leader mondial de la voile Bénéteau va faire subir des mesures de chômage partiel (entre 35 et 60 jours chômés d'ici au 31 juillet) à tous ses salariés, et Rossignol a mis au chômage technique, jusqu'à fin mars, son dernier site de production de skis en France.
Source Les Echos
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