La production de tuiles et la ville de Roumazières sont indissociables. Terreal emploie environ 550
personnes. Tout le monde, dans la commune, connaît quelqu'un qui y travaille. Souvent, on se passe le relais de père en fils. Même le nouveau maire, Jean-Michel Dufaud, en est un salarié. L'entreprise joue également le rôle de mécène. L'an dernier, elle a distribué 150 000 euros aux associations du coin. C'est dire que sans Terreal, le bassin économique du Nord-Charente ferait une sacrée déprime.
La crise de l'immobilier fait donc froid dans le dos. Avec la baisse des constructions de maisons, le marché de la tuile tremble et Roumazières avec. « Pour l'instant, nous n'en voyons pas les effets. Le mois de janvier a été bon. Mais dans les prochains mois, nous risquons de subir à contrecoup la baisse des demandes de permis de construire », prévient Alain Boutroy, le directeur des usines du pôle tuiles centre. Depuis janvier, Terreal, qui appartient au groupe LBO France, n'a déjà plus recours aux intérimaires qui tournaient à une quarantaine. « Les effectifs ont été mis sous tension. »
La stratégie du groupe est de mettre en place toutes les actions pour repousser le plus longtemps possible les effets de la crise et éviter un plan de licenciements ou de le retarder, s'il devenait inévitable. Un train de mesures a donc été décidé dès le mois d'octobre et présenté au comité d'entreprise.
Les congés gelés
« Notre choix, par rapport à celui de nos concurrents, n'est pas de supprimer des équipes. On va essayer de faire le dos rond en attendant que ça passe », insiste Alain Boutroy. Les congés, hors RTT, repos compensateurs et heures de récupération, ont donc été bloqués jusqu'à nouvel ordre. Lorsqu'aujourd'hui une unité de production tourne au ralenti ou est stoppée, les salariés partent en formation avec un volant de 150 000 heures sur l'année, ce qui permet de conserver les jours de vacances en cas de coup dur. « Ce serait bien que ça tombe en juillet ou en août », glisse tout de même un salarié.
« Avec ce système, on peut résister à une baisse d'activité de 10 à 15 % en 2009 confie le directeur des usines du pôle tuiles centre. Au-delà, Terreal pourrait avoir recours au chômage partiel. » Les employés ont accueilli la nouvelle avec fatalité. « Le dialogue social au sein de l'entreprise permet de mettre en place ce type de mesure, même si je sais que ce n'est pas facile à accepter », reconnaît Alain Boutroy.
Terreal a également développé une plus grande flexibilité dans la gestion du personnel. Les cycles horaires des équipes ont été harmonisés. Des mutations sur la base du volontariat ont aussi été favorisées. « On a des usines en France où il y a en ce moment besoin d'un effectif plus important », indique le responsable du site de Roumazières.
Klaus : pas d'effet tempête
Il y avait longtemps que les perspectives d'avenir n'avaient pas été aussi floues. Depuis 2000, Terreal a en effet profité des conséquences de la tempête de 1999 avec, à l'époque, un carnet de commandes plein pendant trois ans, puis des différentes mesures d'aide à l'immobilier.
La tempête Klaus, qui a sévi dans le Sud-Ouest il y a quelques jours, n'a pour l'instant pas eu les retombées de 1999. « Les demandes en accessoires ont grimpé, mais pas la vente de tuiles », constate Alain Boutroy qui compte plus sur la relance des prêts bancaires destinés aux projets immobiliers et le plan de relance de l'État pour rebondir au plus vite.
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