
C’est en 1998, à la barre du tribunal de commerce que Jean-Jacques Lamotte rachète l’entreprise «Céramiques Ducrot » à Palinges. L’entreprise créée dans les années soixantedix pour fabriquer des accessoires de couverture vivotait, faute d’avoir su trouver un créneau bien spécifique pour se démarquer dans un contexte plutôt difficile et face à des industriels bien structurés. Le repreneur, d’entrée, a choisi son orientation : se trouver une niche et s’en faire un label de fabrication. Terre Cuite de Bourgogne a vu le jour le 3 mars 1998. Dix ans plus tard, pour la restauration du patrimoine c’est une référence. Mais ce n’est pas par hasard, c’est la somme des connaissances de chacun des salariés qui porte l’entreprise. La terre cuite, c’est à la fois simple et compliqué. Lorsqu’on veut fabriquer de la tuile plate ou de la tuile canal, pas de problème, il y a du monde sur le marché. De la petite à la grosse entreprise. Par contre, lorsqu’il s’agit de faire compliqué, c’est une autre histoire. Le compliqué, ce sont les tuiles pressées. Plus récentes parce que datant l’époque industrielle de la fin du XIXe siècle pour les plus représentatives, ce sont très souvent des pièces très techniques, voire délirantes. « Nous, on aime ça. Le client nous apporte le modèle et on la refait à l’identique. C’est du cousu main » explique Jean- Jacques Lamotte. La refaire implique d’abord, de créer le moule. En quelques années l’entreprise a amélioré le process, tout est fabriqué en interne et là où, à l’origine il fallait un mois de travail, en une semaine la pièce est prête. D’où un coût de production nettement abaissé. Reste plus qu’à monter l’outillage sur la presse et mettre la chaîne de production en marche. La niche? Y’a que ça de vrai! Produire, dans ce contexte, ça veut dire faire de la petite série. Les donneurs d’ordre sont des restaurateurs du patrimoine, des particuliers qui rénovent une vieille demeure. Pour les pièces pressées, il n’y a, en France que quatre ou cinq entreprises de ce type. Pas plus. C’est ainsi que les palingeois sont les seuls à fabriquer des tuiles de murs. Tout comme pour les faîtages de toit, ça ne se bouscule pas à la production. « Plus c’est compliqué, plus on sait faire » note Jean- Jacques Lamotte. Pour donner de l’authenticité, voir vieillir certains produits, on pratique l’engobage. Une technique de peinture qui nécessite un vrai tour de main. Ce qui implique aussi quelque deux cents références de peinture en stock. Les terres utilisées pour fabriquer viennent en partie de la carrière de Neuilly en Donjon, dans l’Allier et en partie sont achetées à un commercial de Roanne. C’est le mélange des deux terres qui permet la qualité de production. En 2008, l’entreprise en aura travaillé mille tonnes. Un point rassurant, la constance des prix de la matière première sur les dix dernières années. Investir… une nécessité Terre Cuite de Bourgogne, ce sont dix-sept salariés qui ont, tous, des compétences bien particulières, sous la direction de Denis Trontin, chef de production, ingénieur céramiste, originaire de Montpont en Bresse, diplômé de Limoges et qui a pas mal voyagé dans le métier et en connaît les astuces. Chaque année et depuis onze ans, l’entreprise investit 200000 euros en moyenne sur du matériel de production. Toujours plus d’automatisme, pour plus de qualité aussi. Le chiffre d’affaires 2008 va tourner autour de 1,65 million d’euros, sensiblement égal à celui de 2007, preuve d’une bonne rationalisation des coûts de production. Auditée par les grands de l’industrie, TCB est aujourd’hui un label de qualité « parce qu’on détient un vrai savoir-faire sur des créneaux qui leur coûtent de l’argent plus qu’il ne leur en rapporte. Nous, ça nous convient parfaitement » note Jean-Jacques Lamotte.
TCB. ZA du Champ Fleuri. 71430 Palinges. Tel 03 85 70 23 52. Mel ; sa-tcb@wanadoo.fr
Source: Michel SARRAZIN Le Bien Public
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