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13/11/2008

Une étude sur la biodiversité dans les carrières : vers les bonnes pratiques

121 espèces d’oiseaux, 19 espèces de reptiles, 16 espèces d’amphibiens, 81 espèces de sauterelles et criquets, soit 362 espèces dont 164 à forte valeur patrimoniale. Voici ce que l’on a trouvé dans 35 carrières de roche massive, sans oublier 1092 espèces de végétaux, dont 96 à forte valeur patrimoniale.

C’est le résultat d’une étude menée par le cabinet Encem, sous la direction d’un comité scientifique incluant le Muséum National d’Histoire Naturelle, et commandée par l’Unicem (Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction).
«Les carrières sont une industrie, qui favorise la biodiversité» affirme le président de l’Unicem, Dominique Hoestlandt. Elles abritent, en l’occurrence, 35 à 55% des espèces animales présentes sur le territoire national. Mieux : elles constituent des refuges pour des espèces privées de certaines configurations de paysage, suite à l’aménagement de la nature par l’homme : fronts sableux pour l’hirondelle de rivage, falaises pour le grand duc, qui était devenu très rare en France au milieu du siècle dernier, éboulis pour d’autres.

Formation
Ces travaux, dont la synthèse vient d’être faite, donneront lieu à la publication, en 2009, d’un guide des bonnes pratiques, de la conception au réaménagement, en passant par l’exploitation. En effet s’il suffit au carrier de faire son métier – les espèces animales se satisfont très bien de la proximité des engins – il lui faut apprendre des gestes favorables à la vie sauvage : laisser des falaises non aménagées présentant une «rugosité», comme il faut ménager des pentes douces dans les exploitations de matériaux alluvionnaires.
Ces dernières ont eu mauvaise presse, mais on sait maintenant, grâce à une étude du même genre menée à partir de 1995 sur 17 sites - qui a donné lieu à la publication d’un guide en 2000 - combien elles peuvent servir de refuge à des espèces parfois menacées.
«Les étendues de sable nu sont nécessaires à certains oiseaux pour nicher, comme le petit gravelot» explique Bernard Frochot, président du conseil scientifique du patrimoine naturel de Bourgogne. «Certaines espèces ont besoin à la fois de ces nouvelles zones humides et des berges arborées qui les entourent». De même une succession d’exploitations peut constituer un corridor de biodiversité. Un raisonnement qui vaut pour les exploitations alluvionnaires étudiées, qui abritent 90% des espèces d’oiseaux d’eau présentes en France, comme pour les carrières de roche massive. L’Unicem présentera le résultat de ces études dans des réunions régionales. (**)
«20% de nos sites (*) sont concernés par Natura 2000» ajoute Christian Béranger, le président de la commission Environnement de l’Unicem, par ailleurs impliquée dans le projet de «trame verte» issu du Grenelle de l’environnement
Quel est le coût de la carrière vertueuse ? On ne le sait, avoue Dominique Hoestlandt : «Ce que l’on sait, c’est que le coût du réaménagement mené dans les règles est faible quand on prend les bonnes mesures tout au long de l’exploitation».
Prochaine étape : l’analyse des exploitations de granulats marins, à partir d’études en cours.

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