L’affaiblissement des performances opérationnelles, couplé à un
ralentissement de la croissance économique, a multiplié les difficultés pour les sociétés sous LBO fortement endettées. Celles-ci cassent leurs covenants, les clauses d'un contrat de prêt dont le non-respect des objectifs peut entraîner le remboursement anticipé. Elles ont aussi recours à des waivers, des avenants permettant d’éliminer l’interdiction d’une renégociation de la dette ou restructurent leur dette de manière plus fréquente qu’auparavant, selon une étude de Standard & Poor’s (S&P) basée sur un panel de 800 sociétés européennes notées en catégorie «spéculative».
L’agence de notation relève ainsi que le nombre des entreprises contraintes de recourir à ces pratiques a plus que doublé sur les douze derniers mois, passant de 18 à 38.
En outre, le temps écoulé entre la phase de financement et la rencontre de problèmes sur covenants s’est significativement réduit en 2007 et 2008, comparativement à 2006. Le nombre de sociétés en difficulté dans les trois ans suivant le financement a progressé à 29 en 2007 et 23 depuis le début de l’année 2008, contre 4 en 2006.
Sur les difficultés rencontrées par les entreprises entre 2006 et 2008, 48 % concernaient la rupture de covenants, 34 % une redéfinition des covenants et waivers avant une réelle rupture, 3 % une solution en fonds propres et 14 % une restructuration financière.
Selon S&P, les deux à trois prochaines années resteront très difficiles pour les investisseurs dans le capital-investissement alors que les ruptures de covenants, mais également les défaillances, devraient s’accélérer. La liste des victimes risque de s’allonger. S&P LCD évoquait vendredi dernier des groupes tels que Levantina, Terreal, Carl Zeiss ou encore Lafarge Roofing (repris en 2007 par PAI Partners).
En termes de secteurs, les sociétés les plus touchées sont celles réalisant des activités cycliques à l’image de la distribution (9 %), la construction (5 %), l’automobile (9 %), la chimie (8 %) ou encore l’industrie alimentaire (9 %). De manière plus surprenante, le secteur des télécommunications, considéré typiquement comme défensif, représente 5 % des entreprises présentant des difficultés, souligne S&P.
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