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13/08/2008

Le gouvernement espagnol ne se voile pas la face sur la crise du logement

Après des années de frénésie, le marché immobilier espagnol est en train de se retourner. Et le gouvernement ne joue pas sur les mots : c’est la crise. "Nous sommes dans une crise profonde du logement, je ne vais pas chercher à ruser avec cette expression", a déclaré mercredi la ministre en charge du dossier, Beatriz Corredor, lors d'une conférence à Madrid. Prix en baisse, nombre des constructions et des transactions qui s'effondrent, les professionnels du secteur sont à la peine, comme l'a illustré la cessation de paiements du promoteur Martinsa Fadesa la semaine dernière. Cela a évidemment des répercussions sur le marché de l'emploi, de nombreux ouvriers du bâtiment se retrouvant sans travail, alimentant la hausse du chômage.
Face à cette situation, Mme Corredor a déclaré qu'il était nécessaire que le BTP et l'immobilier, moteurs de la forte croissance de l'Espagne ces dernières années, pèsent moins dans l'économie alors que de longue date le gouvernement juge exagérée la croissance du secteur. Elle a indiqué que l'ensemble du secteur du BTP-logement avait représenté 18% du produit intérieur brut en 2007, alors que le stock de logements vides restait très important (environ 800.000 anticipés à la fin 2008), stigmatisant la trop grande construction passée. "Nous avons construit 650.000 logements en 2007, pour une demande réelle de 450.000", a-t-elle déploré.
La ministre a résumé les priorités du gouvernement pour aider le secteur: promouvoir le marché locatif, le logement social et la réhabilitation des habitats anciens.
Elle a notamment annoncé que le gouvernement allait consacrer à partir d'octobre 300 millions d'euros à acheter des terrains pour édifier des logements sociaux.

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