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04/12/2016

LIMOUX- Heurs et malheurs de l'entreprise Fiorio

En raison de sa présence dans le paysage architectural de notre ville, l'histoire de cette importante entreprise du bâtiment limouxine nous semble mériter d'être retracée. La première mention qui en est faite est celle d'un Louis Fiorio, entrepreneur à Grenoble en 1868, dont le fils Segondino (1879-1950) épouse, à Limoux, la fille du propriétaire d'une petite briqueterie. En 1919, S. Fiorio crée la briqueterie-tuilerie de la route de Pieusse et se lance dans des constructions importantes, comme à Carcassonne le théâtre Jean-Alary et «l'ancienne mairie», avec les techniques les plus récentes de l'époque. À sa mort, ses deux fils Georges et Henri, tous deux ingénieurs, qui ont mis au point des procédés de préfabrication reconnus, s'impliquent dans cette branche, construisant, outre l'aérodrome de Salvaza, 3 000 logements à Toulouse-Le Mirail, 1 500 appartements à Pau, de nombreuses écoles, des collèges comme celui de Limoux…

En 1965, l'entreprise comprend trois usines de fabrication dans le Sud-Ouest et emploie 850 personnes, dont 200 à la Tuilerie limouxine. Elle livre alors une villa en quatre mois et six logements par jour. Ce succès l'amène, afin d'élargir ses débouchés, à s'associer l'année suivante à des sociétés plus grandes qu'elle. Or, ces dernières ont leurs propres procédés, beaucoup plus utilisés que ceux de Fiorio, si bien que les accords conclus par les Limouxins vont bientôt constituer un marché de dupes.
Paradoxalement, c'est un succès qui va entraîner la chute de la société. Lauréat du concours Chalandon, Fiorio réalise 3 500 maisons de ce type, qui constituent une partie du quartier Saint-Jacques. Mais le prix très bas qui a été imposé à l'architecte explique des malfaçons ouvrant la voie à de coûteux procès dont est victime le constructeur. Selon Henri Fiorio, les difficultés commencèrent en 1974, l'obligeant à vendre la Tuilerie en 1979 puis, l'année suivante, à déposer le bilan, synonyme de la disparition, à terme, d'une entreprise qui avait constitué l'un des plus beaux fleurons de l'industrie audoise.
Marquié (C.), « Les industries de la vallée de l'Aude », mairie de Limoux, 2016.

Source La Dépêche du Midi

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